Dans un retour à un archaïsme du lien, ce livre choisit de tenter la mise de l’animalité. Pour cela, une langue mise en pièces, explosée dans une sorte de stase venant dire l’impossibilité du langage à transcrire mugissements, habitus et instincts, et qui échappent aux définitions, comme aux individus. Ramenés à cette primitivité qu’elles n’ont sans doute jamais tout à fait perdue, les voix s’entendent ici de loin ou au contraire de très très près, comme l’animal s’approche de son congénère, les sens en éveil, en contact premier avec l’environnement qui l’entoure. Toutefois, si elles hurlent parfois, il fallait aussi laisser apparaître le silence, que la page l’illustre, l’empoigne totalement. La construction du texte se déplie sur des doubles pages avec parfois un espace vacant où traditionnellement il n’a pas pour habitude de figurer, mais aussi dans une continuité verticale, tel un jeu d’instincts à deviner, creuser, gratter, que le verbe se forme. Une façon de rappeler, à l’aune de la technologie et des robots à venir, le caractère primal, bestial des interrelations du vivant. Laisser en quelque sorte à nouveau bondir, notre éminent état de nature.
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Éditeur : éditions MF
Collection : Poésie commune
Publication : 24 mars 2026
Intérieur : Noir & blanc
Support(s) : Livre papier
Poids (en grammes) : 120
Langue(s) : Français
EAN13 Livre papier : 9782378041083