Plan libre de Guy lelong

livre + cd

15 x 18 cm – 60 pages – 14,00 €

isbn : 2-915794-03-0

L’ouvrage

Réalisé pour France Culture, Plan libre est un texte à quatre voix, qui propose une représentation radiophonique de la villa Savoye de Le Corbusier. Espace architectural et espace radiophonique sont mis en équivalence par le biais de la stéréophonie, le jeu des avant-plans et des arrière-plans et le travail du montage. Plan libre échappe ainsi au cloisonnement des genres, en croisant les champs respectifs du texte, de l’espace et du son.

L’auteur

Auteur d’une monographie consacrée à Daniel Buren (Flammarion, 2001), Guy Lelong conçoit ses textes en fonction des contextes où ils prennent place. Il a ainsi réalisé en 2001, avec le compositeur Marc-André Dalbavie, la pièce Mobiles, spécialement conçue pour la Cité de la musique.

Lire un extrait

[Le ton, d’abord neutre, se fait plus inquiet au fur et à mesure des cinq sections de cette séquence.]

(le texte passe du haut-parleur de droite à celui de gauche)

VOIX A : La façade d’arrivée ne montre pas d’entrée. Une paroi sombre, disposée en retrait par rapport à l’étage du dessus, longe l’édifice par la droite. Puis elle s’incurve suivant la forme d’un arc de cercle, tout en devenant un grand vitrage toute hauteur, qui découvre un jeu précis de volumes. Insérée dans ce vitrage, du côté opposé à la façade d’arrivée, l’entrée est une simple porte à double battant, peinte en noir. Située dans l’axe de cette porte, apparaît une rampe qui laisse voir la sous-face de sa deuxième volée et le départ de la première.

(le texte passe du haut-parleur de gauche à celui de droite)

VOIX A : Au fur et à mesure qu’on l’emprunte, la vue se modifie. A gauche, un garde-corps, constitué d’une partie pleine de couleur blanche, surmontée d’un tube métallique noir, compose avec la sous-face de la volée suivante un triangle vide qui cadre le niveau d’arrivée. A droite, deux fenêtres formant un triangle sont trop hautes pour laisser voir l’espace sur lequel elles donnent. Fermé sur ses trois côtés à l’exception d’une découpe carrée située en bas à gauche, le premier palier conduit à la deuxième volée qui part dans le sens inverse de la première.

(le texte passe du haut-parleur de droite à celui de gauche)

VOIX A : Au fur et à mesure qu’on l’emprunte, la vue se modifie. Les fenêtres hautes, maintenant situées à gauche, font découvrir le sol d’une terrasse. Puis l’espace se resserre en raison de l’implantation d’un grand vitrage triangulaire, disposé à la gauche immédiate de la deuxième volée. Ce grand vitrage laisse voir le côté opposé de la terrasse, fermé par un mur que découpe une baie en longueur. Prolongeant ce vitrage, le mur de gauche du deuxième palier présente une petite porte brun foncé qui permet d’accéder à la troisième volée, située à l’extérieur.

(le texte passe du haut-parleur de gauche à celui de droite)

VOIX A : Au fur et à mesure qu’on l’emprunte, la vue se modifie. Le grand vitrage triangulaire, toujours situé à gauche, laisse voir la volée à l’instant parcourue et dont le garde-corps contraste avec celui-ci, fait en béton plein. Maintenant située à droite, la baie en longueur, qui découpe le mur refermant le côté opposé de la terrasse, cadre une rangée d’arbres remplacée, au fur et à mesure qu’on s’élève, par un simple rectangle d’herbe. Fermé sur ses trois côtés, le troisième palier, entièrement blanc, s’ouvre sur la quatrième et dernière volée.

(le texte passe du haut-parleur de droite à celui de gauche)

VOIX A Au fur et à mesure qu’on l’emprunte, la vue se modifie. De nouveau située à gauche, la baie en longueur de la terrasse cadre toujours son rectangle d’herbe. Mais, sur la droite, un grand mur triangulaire conduit à un espace abrité par des murs blancs, alternativement rectilignes et courbes. Face à la dernière volée, perpendiculairement à elle, le mur est découpé par une baie rectangulaire. Son cadrage propose un simple morceau de ciel, remplacé, au fur et à mesure qu’on s’en rapproche, par la vue en plongée de tout un paysage.