L’Harmonie expliquée aux enfants de Jacques Amblard

Collection Inventions

GENRE : roman illustré, traité d’harmonie

COLLECTION : Inventions

NOMBRE DE PAGES : 232

FORMAT : 14 x 21 cm

PRIX : 18 euros

ISBN : 2-915794-07-3

DATE DE SORTIE : Novembre 2006

L’ouvrage

Ce livre ne s’adresse pas réellement aux enfants. Simplement, il en appelle au fameux enfant qui sommeille en le cœur de chaque lecteur, mais également à la capacité de concentration dont seul dispose un lecteur au moins adolescent. Il s’agit pour l’auteur de clarifier à l’extrême une discipline si complexe, si technique, qu’elle revêt souvent l’aspect, pour le public, d’une science occulte, voire secrète.

Souvent on ignore même tout simplement à quoi le mot « harmonie » fait référence (à l’art de la composition musicale ? Eh bien oui). Voilà pourtant un sujet captivant, d’autant plus aujourd’hui, quand la musique passionne tout un chacun et arbore tant de nouveaux genres, genres où l’harmonie est immanquablement présente…

Mais non, l’harmonie musicale n’a jamais été vulgarisée. C’est pourtant ce que se propose de réaliser L’Harmonie expliquée aux enfants, pour permettre à « l’enfant » un voyage inédit dans les cuisines secrètes (et Dieu sait que la musique est l’art du secret) des Beatles, des Eagles, du compositeur d’Herbert Léonard, mais aussi des troubadours, de Mozart, Vivaldi, Bach, Schumann, Wagner, Ravel et d’autres, jusqu’aux compositeurs spectraux de la musique contemporaine. C’est aussi la fuite, des Alpes à l’Himalaya, durant un hiver apocalyptique, d’un adolescent sur une crête sans fin, parlant de musique (l’art du cœur ?) à une enfant. Tous deux, ainsi que Schumann réincarné en mule noire, qui les accompagne, se souviennent de tragédies intimes jusqu’à ce que parvenus sur le toit du monde, ces passions se dénouent pour certains, se figent jusqu’à la mort pour d’autres. Quel est le rapport entre les connaissances musicales et le bonheur ? À la fin, l’exposé de ces connaissances a-t-il été utile ? De quelle façon ? Et surtout : pour qui ?

L’auteur

Jacques Amblard a enseigné la musique en collège, puis a présenté une émission de pédagogie musicale sur France Culture. Il enseigne aujourd’hui la musicologie à l’Université de Provence. Ses articles scientifiques et de vulgarisation paraissent régulièrement dans diverses revues et programmes de concert (Opéra de Paris, Festival d’Art lyrique d’Aix-en-Provence…).

Il a publié aux éditions MF Pascal Dusapin, l’intonation ou le secret (2002) et un roman aux éditions Balland (v comme Babel, 2001). Ses goûts vont à la pédagogie, la musique et la littérature.

Extrait du livre

Extrait page 17
– Pourquoi. Ils sont tous morts ?, dit Céleste, émerveillée.
– Oui ils ont été tués dans l’apocalypse de neige. De toute façon même un traîneau et des chiens n’auraient pas pu flotter sur cette mer de neige. On va devoir suivre les crêtes. Heureusement qu’on a la mule.
– Je préférerais qu’on m’appelle Robert Schumann si vous n’y voyez pas d’inconvénient.
– Robert Schumann va vous porter.
– Certainement pas, dit Schumann.
Le garçon plaça la fillette sur le dos de Schumann. Elle se débattit tout de suite en donnant des coups de pieds.
– Où on va, cria Céleste.
– En enfer, dit Schumann.
– Je crois bien qu’il faut qu’on cherche les plus hautes montagnes pour rester au-dessus de la mer de neige. On sait pas jusqu’où elle s’est étendue. Il faut aller vers l’est, vers l’Himalaya. Je vais essayer de trouver la Crête Sans Fin qui s’étend des Alpes à l’Himalaya en passant par les Balkans, le Caucase et l’Hindou-Kouch ça nous permettrait de ne jamais redescendre dans la mer de neige.
– Peine perdue, dit Schumann.

Extrait page 111
– Quoi vous exagérez (Céleste) bon écoutez-moi plutôt. On a déjà évoqué le phénomène de la marche harmonique, outil bien utile qui tisse le refrain des Feuilles mortes (Yves Montand) ou des couplets de I will survive (Gloria Gaynor) ou plus récemment de l’Amour suprême (Robbie Williams). Aujourd’hui, ce recours technique passe pour une facilité sentimentale. Mais dans la Venise de la fin du XVIIe siècle, il est encore employé à profusion, en tant qu’invention récente, avec cet enthousiasme immodéré qui accompagne les belles découvertes. Les concerti de Corelli et de Torelli regorgent de ces « rosalies » (l’un de leurs surnoms modernes). Encore Vivaldi, un peu plus tard (au début du XVIIIe siècle), goûte singulièrement leur emploi. À son époque, à Venise […]

Extrait page 19
– Le couchant commençait à s’étendre pour mourir. Il ne gardait qu’un œil rouge ouvert et soupirait comme un vent froid. Il gisait à l’horizontale, sanglant, en longues bandes orangées.
Trois étoiles percèrent le crépuscule de leur poinçon brillant. Il faisait encore jour cependant.
La mer de neige dormait, étendue à perte de vue. Elle ressemblait à du couscous extrafin sous la lune naissante encore transparente comme une fine tranche de citron.