Les Incoyables et les meveilleuses de Pierre Reimer

Hors-collection

NOMBRE DE PAGES : 144

FORMAT : 23 x 20 cm

PRIX : 30 euros

ISBN : 978-2915794403

DATE DE SORTIE : Janvier 2010

L’ouvrage

Ouvrage d’images photographiques et vidéographiques, Les Incoyables et les merveilleuses réunissent dix années du travail de Pierre Reimer. Une centaine de photographies prises de 1999 à 2008 et des images extraites de trois vidéos réalisées ente 2005 et 2008: Orange exercice, White Ghost et Modell (sur une musique de Mark André).  Trois textes écrits par Marcela Iacub, Christophe Hanna et Dominique Noguez suivent et commentent cet ensemble.

« Je crois qu’il m’a choisi parce qu’il sait que je le connais un peu et parce qu’il m’arrive aussi d’être romancier. Et qu’il s’est peut-être dit que j’allais le traiter enfin comme il le mérite : comme un personnage de roman. Ce qu’il est. Plus près, autant le dire tout de suite, de Peter Pan ou de Lafcadio que du père Goriot ou de Madame Bovary. Pour être plus précis, je le vois tout à fait dans la ligne de ceux qui mettent, selon le mot, je crois, de Wilde (ou de Gide sur Wilde), “leur talent dans leur oeuvre et leur génie dans leur vie”. Au point d’être parfois des artistes sans oeuvres. Ou, mieux, de faire, comme lui, des oeuvres, mais avec le plus grand détachement, avec l’élégance de la litote, en prétendant seulement faire quelque chose de “rigolo”, et en choisissant les apparences les plus discrètes. »
Dominique Noguez, Voyons si tu me trouveras

Cet ouvrage a été publié avec le concours du Fonds de dotation Agnès Troublé dite Agnès b., de la galerie du jour et du Centre national des arts plastiques, ministère de la Culture et de la Communication.

L’auteur

Pierre Reimer, né en 1964, est photographe. Il expose ses photographies à partir de 1988, principalement à la galerie Agathe Gaillard et à la galerie du jour agnès b. à Paris. Parallèlement à ses activités de photographe, Pierre Reimer est réalisateur et enregistre sa première vidéo en 1997. Pour ses films, il quitte Paris régulièrement, pour de longues périodes: en 2005-2006, il filme Modell et vit pour cela plus d’un an en Tchéquie. Parmi ses autres œuvres cinématographiques, on trouve Mi casa su casa (1997), Week-end (1993) ou Orange exercice (2005).

Pierre Reimer publie en 2010 Les In’coyables et les me’veilleuses, aux éditions MF, avec le concours du Fonds de dotation agnès b. et du Centre national des arts plastiques. En 2011, pour Modell et hij, deux œuvres orchestrales de Mark Andre, il réalise des films où les lieux, les paysages, les objets et les êtres sont saisis dans des plans intermittents, selon une logique photographique qu’il dit « augmentée » et qui traduit aussi une quête merveilleuse d’espaces intérieurs.

Extrait

Si mes photos ne sont porteuses d’aucun message secret ou mystique, elles ne sont pas non plus conçues comme des moyens d’envoyer au monde des sentences pour se juger ou s améliorer. Je ne me suis jamais senti investi de cet étrange pouvoir dont se prévalent tant d’artistes de se transformer en des miroirs accusateurs, ironiques ou simplement descriptifs du monde dans lequel ils produisent leurs œuvres. Non pas par une question morale mais parce que j’ai toujours pris la photographie comme un laboratoire d’expérimentation d’elle-même. Cette idée s’imposa à moi dès mes tous premiers contacts incertains avec un appareil photo, lorsque je n’avais élaboré aucun projet et que l’idée de devenir l’auteur d’une œuvre me semblait parfaitement illusoire. À cette époque, j’avais commencé par des petites transgressions à ce que je me représentais comme étant la légalité photographique. Celle-ci peut être décrire, en substance, comme une série de contraintes qui résultent de ce que l’on tient comme étant la nature de cette activité. Lorsque l’on pense à la photographie, l’on suppose qu’une personne se sert d’un appareil photo afin de prendre au dépourvu un morceau du monde dans le but de produire des pensées et des émotions étrangères à l’image qui en résulte. La première donnée de cette représentation courante de la photographie est donc l’existence d’un sujet humain, maître de son regard. Son appareil photo sera un pur instrument, le moyen de cristallisation de ce pouvoir sur le visible. Ce sujet représente le regard possible de l’humanité entière et c’est en son nom qu’il prend son appareil photo. Cette première idée pourrait s appeler l’hypothèse du sujet du photographe.

Marcela Iacub