Installations (documents) de Dominique Petitgand

Hors-collection

NOMBRE DE PAGES : 235

FORMAT : 15 x 21 cm

PRIX : 20 euros

ISBN : 978-2915794410

DATE DE SORTIE : Octobre 2009

L’ouvrage
Le travail de Dominique Petitgand prend différentes formes selon son mode de diffusion : éditions de CD, installations sonores et concerts dans l’obscurité.
L’utilisation exclusive du son le place dans un territoire singulier et mouvant qui concerne différentes disciplines artistiques : il diffuse ses oeuvres au cours de séances d’écoute, sur disques mais aussi lors d’expositions, sous la forme d’installation sonore dans laquelle le dispositif de diffusion des sons, adapté aussi bien à la particularité des espaces investis qu’au récit lui-même et à l’œuvre diffusée, propose à chaque auditeur une expérience plurielle et ouverte.
Cet ouvrage monographique, consacré à ses installations sonores – à travers un ensemble sélectif de 1994 à 2009 – est une tentative de documentation, par l’artiste lui-même, de sa pratique de l’écoute et de création sonore. Différentes formes de représentation (croquis, vues d’exposition, notices, images-textes, transcriptions) accompagnent un choix d’entretiens et de notes.
Catalogue de l’exposition de l’Abbaye de Maubuisson (avril-août 2009).
L’auteur

Né en 1965 à Laxou, Dominique Petitgand est représenté par la galerie gb agency (Paris), la galerie e/static (Turin) et Motive Gallery (Amsterdam) pour ses installation sonores et par le label Ici, d’ailleurs (Nancy) pour ses éditions CD.

Dominique Petitgand définit ses œuvres comme des récits et paysages mentaux. Il élabore son travail à partir de l’enregistrement de paroles, de silences, de respirations, de bruits et de musiques qu’il compose, sollicite, déconstruit et découpe. Il inventorie de façon quasi obsessionnelle et toujours emprunte de musicalité des voix, des gestes, des humeurs, afin de prendre acte d’une parole, d’un état ou d’un manque. Il joue de l’articulation d’éléments faisant apparaître une succession d’images mentales. Un espace intérieur où la répétition, le flottement des identités, des lieux et des structures temporelles évoquent le mouvement même de la construction et de la défection d’une mémoire.
À travers ses pièces sonores parlées et musicales, Dominique Petitgand propose une histoire en creux, en devenir, qui n’appartient qu’à l’auditeur.

“Chaque pièce sonore que j’ai faite raconte quelque chose de particulier et la forme de chacune induit un enjeu aussi particulier.
Comme ce que je fais se situe à la croisée de l’art, la musique, l’écriture, le montage et la narration, il est important de ne pas fermer ses multiples réceptions.
Je ne souhaite ni provoquer certains sentiments précis, ni faire voyager les auditeurs.
Voyager c’est un mot trop gentil. Ce que je propose parfois peut être assez cruel ou exigent, ce n’est pas une ballade tranquille. A propos de tranquille, justement, je rechercherais plutôt l’intranquilité et la réflexion des auditeurs. Qu’ils soient pertubés, émus, touchés.
Mais c’est à eux, chacun différemment, à mettre des mots sur leurs émotions et réflexions, à mettre leur propre contexte. Je m’explique : il s’agit pour moi de proposer quelque chose le plus nu, neutre, décontextualisé, intemporel possible (en dehors des références identitaires, sociales, géographiques, historiques ou d’actualités en tout genre) pour que l’auditeur justement remplisse à sa façon, avec ses propres moyens (sa pensée, sa mémoire, sa propre vie) le vide, les creux, les silences, les trous de mes histoires.
Parfois les silences sont nécessaires, ils permettent à l’auditeur de réfléchir à ce qu’il vient d’entendre, ils sont souvent d’un statut ambigu (est-ce la personne qui s’est tue ou la pièce est-elle terminée ?), ils font exister aussi le contexte de la diffusion (le lieu s’écoute aussi dans ces creux), ils ont enfin une aptitude à créer une figure de l’angoisse (la voix qui stoppe, au bord du vide, tranchée net).
Que l’auditeur s’interroge toutes les secondes sur ce qu’il est en train d’écouter.
Une tension permanente.
Parfois les musiques (que je nomme atmosphères musicales plutôt que musiques car elles sont souvent plates, linéaires, ténues) jouent un rôle dramaturgique, elles peuvent être pauses, tensions, contrepoints, pulsions ou guides pour les voix, en accord ou contradictoires, elles jouent plus sur l’affect des auditeurs.
Les diffusions que je propose articulent anciennes et récentes pièces, dans un ordre thématique, il y a un fil conducteur qui passe d’une pièce à l’autre, mais ce fil est suggéré, souterrain.”