Vente en ligne
» Les livres des éditions MF sont en vente sur LEKTI, la librairie en ligne de l’édition indépendante. Envoi des titres partout en France sous 48 heures.

Biopolitique des catastrophes

par Frederic Neyrat

format : 13 x 19,5 cm - 172 pages - 16 euros - isbn : 978-2-9157-9432-8

La catastrophe est aujourd’hui l’ultime promesse que nos sociétés semblent encore capables de tenir. Changement climatique, épidémie, attaque terroriste, on ne compte plus les « risques ». À vrai dire, ces derniers désignent moins des objets précis qu’une configuration sociale globale. Pour conjurer l’ensemble de ces menaces, une forme de « gouvernance » s’est mise en place, que nous nommons la biopolitique des catastrophes.

La biopolitique des catastrophes se développe sous la forme d’une immuno-politique, qui cherche à éviter toute altération comme toute altérité. En voulant protéger, elle détruit, alimentant les dangers qu’elle est censée combattre. Comment sortir de ce piège ? En débusquant le fantasme inconscient qui travaille en profondeur cette immuno-politique, celui d’une indemnité absolue. Voici l’étrange hypothèse que formule cet ouvrage : plus nous nous croyons immortels, plus nous nous auto-détruisons. Plus l’être humain cherche à s’excepter du monde et du vivant, plus il détruit le monde – pourtant, « nous sommes embarqués », nous sommes vraiment au monde, et il n’y en a pas d’autre. Si l’immunisation totale est dangereuse, il n’en demeure pas moins nécessaire de rechercher les bonnes protections, celles qui permettent aux formes de vie de s’épanouir – après tout, seule une mince pellicule nous protège du vide sidéral… Ce passage de l’« exception » à la « relation » implique une relecture et une modification de la philosophie politique, qui doit se faire aujourd’hui cosmo-politique. Sur le qui-vive, la philosophie politique ne peut plus se centrer sur l’homme ou le peuple, mais doit nous permettre d’adapter notre regard et notre sensibilité à ce qui n’est pas humain. En définitive, ce livre est un appel lancé à l’extension de la politique au-delà du domaine de l’humain. Contre l’humanisme mondialisé qui a plié le monde à l’usage de l’homme au point de l’y laisser seul et mutilé, cet ouvrage tente de poser les fondements d’une écologie politique capable de donner corps aux relations que les êtres humains tissent avec les non-humains. Afin d’éviter que la biopolitique des catastrophes ne devienne une politique catastrophique. Afin de remplacer la peur d’une interruption catastrophique par le désir d’une interruption politique.